17 October – 20 November 2021

Replica

Joint exhibition with Chantal Crousel

Group show: Jennifer Allora & Guillermo Calzadilla, Roberto Cuoghi, Mimosa Echard, Mona Hatoum, Pierre Huyghe, Hassan Khan, Jean-Luc Moulène, Gabriel Orozco, José María Sicilia, Danh Vo & Clément Cogitore, Sonia Wieder-Atherton and a selection of archaeological objects from European prehistory to the end of the Roman Empire.

Opening on Sunday, October 17, 3-7 pm
Open from Thursday to Saturday, 2-7 pm
and by appointment via contact@cahncontemporary.com

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Inspired by Chantal Crousel and Jean-David Cahn, the Replica exhibition will take place at the residence of Cahn in Bagnolet.

 

To the question — who does this statue represent, how and why did you get it? — Hassan replied that it was given to him (along with two others in the series) by his mother. “She knew it would play an important role for me. The statue doesn’t represent any particular figure but was the center of an intense teenage meditation, and the first image in one of the very first VHS videos I made myself at 16 was this statue responding to the sound of a guitar. The statue is African. My mother gave me various statues, without commenting on them, but I think it was subconscious education”. This is one key — among all the other works — to experiencing the Replica exhibition. The word can be interpreted as reply or response. The intention of the Replica exhibition is to share with visitors the encounters with archaeological objects of various origins, times and cultures — which have challenged me through the direct and meaningful form of their presence and expression — alongside the highly varied works that reflect the questions contemporary artists ask themselves, or us. It would seem that our “being in the world” has not changed that much. And that all these objects are contemporary expressions of just a few thousand years apart. Replica is thus an invitation to each visitor to imagine answers, to formulate questions, in particular: where does the sublime begin?
chantal crousel (2021)
Curiosity makes us wonder why objects from ancient civilizations resurface in the hands of contemporary artists. Objects such as these exude sensual power through the eyes, the touch and memory. They grip people, artists in particular, and trigger a responsive desire to incorporate them in their own space and time. This movement is fascinating to watch. Many objects of the past had precise functions: practical, political or ritual. They lived their lives. Then rested, sometimes for thousands of years, in silence. Artists, seismographs of the now, call on them to integrate the present. In contrast to an archaeological approach, in other words scientific, or through extensive methodology, we try to reconstruct a buried past that remains forever fragmentary to us. This play of artist with objects of the past enriches our awareness of the present. Replica is not a “response” in the archaeological sense. But a contemporary reply, an echo of the past. I opened the doors to my reserves of archaeological objects — essentially Mediterranean — to Chantal Crousel, who came to call upon these souls of the past. The result is an eye-to-eye meeting of contemporary minds. And, for all, an increased awareness of our world.Jean-David Cahn (2021)

 

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Initiée par Chantal Crousel et Jean-David Cahn, l’exposition Replica se déroulera dans la résidence de Cahn à Bagnolet.

 

À la question — cette statue représente qui, comment et pourquoi l’as-tu reçue ? — Hassan m’a répondu que cette statue (avec deux autres de cette série) lui a été offerte par sa mère. « Elle savait qu’elle allait jouer un rôle important pour moi. La statue ne représente aucune figure en particulier, mais elle a été le focus d’une intense méditation d’adolescent, et dans une des toutes premières vidéos en VHS que j’ai réalisées pour moi-même à 16 ans, la première image fut celle de cette statue, répondant au son d’une guitare. La statue est africaine. Ma mère m’a donné différentes statues, sans commentaire, mais je pense que ce fut une éducation inconsciente. » Voilà une clé d’accès — parmi toutes les autres œuvres — à la découverte de l’exposition Replica. Ce mot pouvant être interprété comme réplique ou comme réponse. L’intention de l’exposition Replica est de partager avec le·la visiteur·euse la rencontre d’objets archéologiques de diverses origines, époques et cultures — qui m’ont interpellés par la forme directe et chargée de sens de leur présence et de leur expression — confrontés à des œuvres très diverses qui reflètent des questions que les artistes contemporain·e·s se posent et nous proposent. Il en ressort que notre «être dans le monde » n’a pas tant changé. Et que tous ces objets sont des expressions contemporaines avec quelques milliers d’années d’écart. Replica est donc une invitation à chaque visiteur·euse à imaginer des réponses, à formuler des questions, notamment : où commence le sublime.chantal crousel (2021)
La curiosité nous amène à savoir pourquoi des objets d’un passé lointain, appartenant à des civilisations anciennes, ont cette capacité de ressurgir entre les mains d’artistes contemporains. Ces objets ont une force sensuelle à travers le regard, le toucher, la mémoire. Ils déclenchent chez quiconque les saisit, et notamment l’artiste, un désir de réagir et de l’incorporer pour un moment. Il devient fascinant d’observer ce mouvement. Beaucoup d’objets du passé avaient des fonctions précises : tantôt fonctionnelles, politiques ou encore rituelles. Ils ont vécu leurs vies. Ils ont reposé ensuite pour parfois des milliers d’années dans le silence. Les artistes, tels des séismographes du présent, les convoquent pour une intégration dans le présent. À l’opposé donc de l’approche archéologique, c’est-à-dire scientifique, ou à travers une méthodologie étendue, on tente de reconstruire un passé enseveli qui restera pour nous toujours fragmentaire. Ici, ce jeu de l’artiste avec les objets du passé enrichit la prise de conscience du présent. Replica n’est pas la « réplique » dans le sens archéologique. Mais bien une réponse du contemporain, en écho au passé. J’ai ouvert les portes de mes réserves d’objets archéologiques — essentiellement méditerranéens — à Chantal Crousel, qui est venue visiter ces âmes du passé. Le résultat est une rencontre, les yeux dans les yeux, avec des esprits contemporains. Et pour nous tous une conscience accrue de notre monde.
Jean-David Cahn (2021)